Je ne me plaindrai jamais…

Publié le par Mona Lisa

Je ne me plaindrai jamais…

Tunisien-e8341.jpgJe me plaignais souvent des bruits des voitures qui circulaient quotidiennement par milliers au dessous de ma fenêtre.

Je me plaignais de bruit des gros camions, qui passaient sur l’autoroute au dessus du pont en face de ma fenêtre.

Je me plaignais du bruit du métro, dont le « klaxon »  ressemble au son d’appel d’une cloche d’église !!!

Je me plaignais des deux cafés du quartier, chacune d’un coté de la rue, et à cause d’elles le quartier était toujours plein de mecs qui se disputaient et disaient de gros mots…..

Ce matin (19 janvier) il n’y a pas beaucoup de mecs, mais il y a des voitures, des motocycles, et même des tracteurs, le métro aussi passait souvent… « Jouant » le bruit habituel.

Pour la première fois de ma vie, ce bruit me plaisait, m’amusait, tout comme une symphonie de Vivaldi ou de Tchaïkovski.

Pour la première fois de ma vie, j’ai prié Dieu pour que ça reste pour toujours, jusqu’à l’infini, pour que ces derniers jours qu’on a vécu ne reviennent plus jamais, les jours où « mon bruit » me manquait, surtout la nuit pendant le couvre feu.

En Tunisie, nous le jeunes, on ne connaissant ce mot qu’à travers les news qui parlaient de Palestine ou du Soudan. J’oublierai jamais la première nuit : le bruit qui n’énervait est devenu un silence de ténèbres. Le quartier, dont les va- et-vient ne s’arrêtaient pas,  est devenu un lieu déserté.

J’ai senti une sensation bizarre, j’ai prié Dieu et j’ai juré que je ne me plaindrai jamais de ce bruit.

Heureusement, aujourd’hui le sang coule normalement dans les veines du quartier et dans les veines de tous les quartiers de la Tunisie, qui se relève pour une nouvelle journée et un nouvel espoir…

 

Mona Lisa

Publié dans Pêle-Mêle

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